La violence dans nos stades altère l’image du Burkina

| 20.03.2017 à 00h00
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La violence dans nos stades altère l’image du Burkina
© DR / Autre Presse
La violence dans nos stades altère l’image du Burkina
Au coup du sifflet final du match retour des 16e de finale de la Ligue africaine des champions entre le Rail Club du Kadiogo (RCK) et l’Union sportive de la Medina d’Alger (USMA) le Samedi 18 mars 2017, au Stade du 4-Août de Ouagadougou, il y a eu des Bagarres. Des supporters en furie ont remis en cause l’arbitrage du match, sans doute frustrés par le résultat qui élimine le RCK.

Le football rend fou. Car les enjeux sont énormes. Mais le cancer de la violence ne doit pas développer ses métastases dans et en dehors des stades burkinabè. Il ne faudrait pas attendre béatement des drames pour agir.

Déçus par le résultat du match RCK # USMA, des supporter burkinabè ont voulu se défouler sur le trio arbitral nigérien dont la prestation n’a pas été bien appréciée. En outre, le contexte était difficile après le refus d’octroyer des visas aux journalistes burkinabè pour le match aller (parce que les dossiers de demande de visas ont été déposés tardivement à l’Ambassade d’Algérie au Burkina). L’attitude du commissaire au match, les provocations des joueurs et des dirigeants de l’USMA auraient également contribué à dégrader l’atmosphère. D’où énervement des supporters burkinabè qui ont envahi le stade. Les forces de sécurité ont dû sortir des gaz lacrymogènes pour les disperser. A l’analyse on peut comprendre les supporters burkinabè sans pour autant les justifier. Car l’esprit du fair-play doit prendre le dessus sur la violence, les insultes et les actes de vandalisme en cas de défaite. Ce sont des comportements antisportifs à bannir sous nos cieux.

L’Angleterre qui était le mauvais exemple a payé pour apprendre. Toutes ses équipes avaient été suspendues de Coupes d’Europe pendant cinq ans et Liverpool pendant sept ans, au lendemain du drame du Heysel. Aujourd’hui on n’entend plus, après la prise de mesures draconiennes, parler de hooliganisme outre-Manche.

Au Burkina, nous devons prévenir le phénomène pour qu’il n’altère pas l’image de notre pays connu pour son hospitalité légendaire.

Le mal n’est pas nouveau. Il ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier. Il est récurrent. Sauf que sa médiatisation a atteint son paroxysme. L’avènement de la société du spectacle et des nouvelles technologies ont rendu possible la circulation vertigineuse des images des actes de violences.

Les causes des violences

Il y a celles qui sont inhérentes aux matchs et à l’univers des supporters. En effet, les jeunes sont en quête de visibilité qui peut prendre un aspect festif ou violent. La logique partisane qui cimente les groupes de supporters suppose que l’on affiche une hostilité à l’égard des «autres». La violence peut jouer ici un rôle d’intégration sociale et à pour conséquence également une consolidation des identités individuelles et collectives. Dans l’univers du «supporterisme», on affiche une violence symbolique qui vise à faire peur et à faire taire les adversaires. Il y a ce qu’on peut appeler un processus d’enchainement d’incivilités verbales qui font partie de la violence symbolique, et qui peut finir sur des bagarres entre les antagonistes.

Dans sa quête de reconnaissance sociale et d’estime de soi, un jeune supporter ou simple voyou est prêt à courir des risques.

Aussi, certains supporters, rongés par le regret et déprimés par la défaite ressentent de la frustration et peuvent s’adonner à des actes de violence contre les adversaires, les biens publics et privés...

Par ailleurs il y a des causes qui sont liées aux contextes socioéconomiques du pays. Les actes de violences révèlent une partie des problèmes et des maux qui rongent notre société. C’est le corps social lui-même qui produit et nourrit ces faits observables. Il y a toute une réflexion sociologique qui gravite autour de la frustration comme moteur de la violence. Par exemple l’insatisfaction des attentes légitimes d’un groupe social est motrice de violence.

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