Vœux spécifiques de quelques personnalités : Relance économique et sécurité comme maîtres-mots

| 04.01.2017 à 00h01
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Idrissa Nassa - PDG de Coris Bank International
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Idrissa Nassa - PDG de Coris Bank International
Sécurité, relance économique et réconciliation, ce sont là les maîtres-mots des vœux spécifiques de quelques personnalités des mondes politique, syndical et économique à qui nous avons tendu le micro. Ils traduisent de réelles attentes des Burkinabè en cette nouvelle année.


Gilbert Ouédraogo, président de l’ADF/RDA : «Que nous allions vers une véritable réconciliation »

En cette nouvelle année 2017, je voudrais, au nom du Bureau politique national de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) et en mon nom personnel, souhaiter une très bonne année à tous les Burkinabè. Une année de paix, de santé, de bonheur, de stabilité et au-delà de ces vœux, j’ai une pensée particulière pour tous les Burkinabè qui ont été victimes des attentats en 2016. Je souhaite également que notre pays puisse aller vers une véritable réconciliation, qu’il y ait une justice indépendante et impartiale, et surtout que nous puissions travailler à la cohésion sociale. C’est ainsi que nous construirons le Burkina Faso. La réconciliation telle que nous la voyons ne met pas de côté la Justice qui en est un des éléments , mais elle ne doit pas être une justice des vainqueurs, elle doit être la même pour tous, puissants et riches, pauvres et malades, elle doit être la même pour tous. Je souhaite que les hommes politiques puissent vraiment œuvrer à cette cohésion nationale et que le pouvoir puisse apporter des réponses appropriées au dénuement de nos forces de défense et de sécurité. Elles sont démunies de tout moyen et nous souhaitons que l’accent soit mis sur cette question de la sécurisation du territoire. Que le pouvoir en place puisse travailler de sorte à apporter des réponses aussi aux besoins des populations. 2016 a été une année difficile au plan sécuritaire mais également au plan social, donc nous souhaitons que 2017 voit la résolution des préoccupations des citoyens burkinabè (travailleurs, la population dans son ensemble qui attend l’amélioration du panier de la ménagère). Si ces vœux se réalisent, notre pays ne pourra que mieux se porter et aller de l’avant. Je note également avec satisfaction la rencontre de Paris pour la mobilisation des ressources, bien qu’il ne s’agisse que d’annonces, d’intentions, dont nous souhaitons qu’elles se traduisent dans la réalité pour le bien-être des Burkinabè et de tous ceux qui vivent sur le territoire national.

Idrissa Nassa, P.-DG de Coris Bank international : « Nous souhaitons que l’activité économique reparte de plus belle»

2016 a été une année très éprouvante pour notre pays et notre économie, avec notamment un environnement économique un peu difficile et un front social actif. A Coris, nous sommes convaincus que c’est dans l’épreuve que se forgent bien de victoires, et à l’image de la résilience dont le peuple burkinabè a fait montre jusque ici pour garder un bon moral, nous pensons que l’activité économique va repartir de plus belle en 2017. L’année dernière notre pays a connu deux grands événements économiques très importants : il s’agit du financement du PNDES et de l’introduction en Bourse de Coris Bank international qui est intervenue en fin d’année. 2017 se présente donc comme une année d’espoir pour l’ensemble des Burkinabè, et j’invite tout le monde à se nourrir d’espoir et à positiver afin que nous puissions œuvrer ensemble à la relance de l’économie nationale. A Coris, nous avons accueilli au moins 15 000 nouveaux actionnaires, à travers l’introduction en Bourse, donc des personnes qui partagent désormais avec nous le défi de la consolidation et de la croissance de la banque. Au nom de tout le personnel du groupe, mes sincères vœux de paix, de santé, de bonheur et de réussite dans leurs projets. Pour le Burkina Faso, je souhaite plus de sécurité, qu’il y ait beaucoup d’activités et que l’Etat, qui est le plus gros pourvoyeur de marchés, les mette en route pour permettre aux entreprises de tourner comme il se doit, des actions qui sont sources de création d’emplois, et que l’activité économique soit bien animée en 2017.

Dr Ismaël Ouédraogo, Secrétaire national adjoint à la jeunesse du MPP : « Que Dieu inspire majorité et opposition »

J’adresse mes vœux de paix au Burkina Faso. Que sur le plan sécuritaire, nous puissions avoir le calme et la sérénité. Que 2017 soit une année de la relance économique. Un décollage économique parce que le pays revient de loin. Vu les difficultés par lesquelles nous sommes passés, il faut une relance de l’économie pour permettre à beaucoup de jeunes d’avoir un emploi. Je souhaite également que Dieu inspire tout le monde, majorité comme opposition, pour que nous puissions vivre dans la concorde, la solidarité et surtout la cohésion nationale. Que les fils et filles du Burkina cheminent main dans la main pour le développement du pays.

Bassolma Bazié de la CGTB : « L’éclosion de Burkinabè de type nouveau »

L’année 2016 qui s’écoule a été marquée par des moments difficiles pour les couches socio-professionnelles du Burkina, de même que celles des autres pays, dus aux conséquences de choix politico-économiques aventuristes. En effet, le délabrement de nos systèmes sécuritaire, éducatif, sanitaire, la déliquescence de nos valeurs morales sont dus à la mise en œuvre des Programmes d’ajustements structurels (PAS).

Dans ce sens, et au nom des membres du Bureau national confédéral (BNC), je présente ma profonde compassion et la solidarité de la CGT-B aux militants, sympathisants, travailleurs, élèves, étudiants, secteurs informels et paysans de notre pays.

L’année 2016 a été aussi une année de résistance et de solidarité exemplaires face à l’ensemble de ces maux, une année de luttes pour la défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la résistance populaire, historique et héroïque contre le putsch du 16 septembre 2015.

Ainsi, tout en félicitant vivement l’ensemble des couches socio-professionnelles, la CGT-B les invite à plus de mobilisation, d’organisation, d’engagement, de détermination et de solidarité agissante, car la démocratie, la liberté, l’intégrité et la dignité sont des valeurs qui se méritent. Dans ce sens, s’insurger, lutter et résister contre tout fossoyeur de ces valeurs est un droit inaliénable et un devoir indispensable conféré par la Déclaration universelle des droits de l’homme et des Peuples (DUDHP) de 1793 en son article 35.

Par ailleurs, aux autorités politiques de notre pays la CGT-B, tout en souhaitant une année de santé, les invite à plus de patriotisme, d’exemplarité et d’esprit de sacrifice. C’est dans ce sens qu’il est impérieux de retenir que la trêve sociale dans un pays est une conséquence dont les causes sont la probité, l’exemplarité, la gouvernance vertueuse, le dialogue social franc, le respect de la parole donnée, le mieux-être, une justice au service de l’orphelin et une force qui protège le plus faible. Ce sont ces matériaux qui constituent, d’une part, l’arme efficace de lutte contre l’incivisme, et, d’autre part, le vrai socle pour « l’éclosion de Burkinabè de type nouveau » tant souhaitée ; autrement dit, une trêve sociale ne se décrète pas, elle est une conséquence de la justice sociale, donc d’une gouvernance vertueuse.

Aux autorités coutumières et religieuses, je souhaite une année de santé, tout en nourrissant le plein espoir que leurs décisions et prises de position seront toujours au service de la vérité et de la justice.

A tous nos martyrs, je renouvelle l’engagement ferme de la CGT-B à se battre aux côtés des autres forces sociales pour que la trilogie vérité-justice et réconciliation soit victorieuse.

Pour l’année 2017 qui s’annonce, tout en invitant toutes les couches socio-professionnelles à plus de solidarité, de cohésion pour la conquête d’une souveraineté nationale pour un progrès social véritable, je souhaite, à tous et toutes, santé, engagement, détermination et victoire dans nos actions.

Kadhafi, président de la Chambre de commerce :  « Une année de relance économique »

En ma qualité de président de la Chambre de commerce, mes vœux de reprise des activités économiques. Comme vous le savez, nous avons subi des difficultés depuis un certain temps et nous souhaiterions que, par la grâce de Dieu, 2017 soit une année de reprise et avec la table ronde des bailleurs de fonds qui a eu lieu à Paris, nous souhaitons que les promesses se concrétisent. Nous osons espérer que ça va être une année de reprise pour l’économie et du rétablissement de la sécurité.

Nathanaël Ouédraogo de l'UPC : « La sécurité pour le développement »

Le premier vœu que je voudrais former aux Burkinabè, c’est un vœu de sécurité, que Dieu puisse nous garder et faire en sorte que nous puissions vivre dans la sécurité parce que sans elle, il est difficile d’avoir un développement ; le deuxième vœu concerne la reprise économique parce que le pays est à l’arrêt et je souhaite que tous les fils se donnent la main , surtout que ceux de l’étranger continuent de faire confiance à leur pays en investissant pour qu’il y ait une relance réelle de l’économie.

Smockey du Balai citoyen : « 2017, une année de dégustation des fruits de nos luttes »

Chaque année, on se formule naturellement et mutuellement les meilleurs vœux ; est-ce par coutume, politesse ou condescendance ? Je souhaite qu’au-delà de tout cela, la volonté, qui se doit d’être bonne, se traduise en actes concrets dans tous les domaines. 2017, c’est pour moi l’année de la quête du bonheur, de la santé, de la justice, de la sécurité pour tous les Burkinabè. Ne souhaitons pas que tout cela soit vrai, mais agissons dans ce sens pour qu’on y arrive. Je cite Thomas Sankara qui disait « Ce pays est un concentré de malheurs de tous les peuples, mais aussi et surtout des espérances de notre lutte. » Faisons en sorte que cet espoir que nous avons placé dans la lutte se traduise concrètement en dégustation de nos fruits. 2017, l’année de la quête.

Député Maxime Koné du MPP : « Il faut un point d’équilibre entre le passé et le présent »

2017, une année de rétrospection, de réflexion, de projection et surtout de légitime espérance pour notre digne peuple tenu en exemple et servant de boussole aux autres peuples en lutte en Afrique et dans le monde. Désormais contrainte de porter toujours et encore plus haut le flambeau de cette marque de considération, notre Nation doit impérativement trouver le point d’équilibre entre le passé et le présent, envisager un futur fédérateur. C’est en cela que la classe politique tout entière est interpelée en matière d’élévation d’esprit. Mais cette démarche devrait se fonder sur le triptyque vérité, justice et réconciliation pour une véritable stabilité politique, économique et sociale.

Pascal Zaïda, coordonnateur national du cadre d’expression démocratique : « Que Blaise Compaoré rentre »

Nos vœux s’articulent autour d’une pleine sécurité pour l’ensemble des Burkinabè. Nous voulons voir en 2017 un Burkina réconcilié avec ses filles et ses fils. Que cette année, tous ceux qui étaient contraints de quitter le pays puissent revenir pour qu’on puisse se parler et qu’ensemble on puisse relancer l’économie et le développement. Nous souhaitons aussi que 2017 soit une année de vérité et de justice ; sans elles on ne peut pas parler de réconciliation. Les deux éléments sont à la base de toute action allant dans le sens de la réconciliation nationale. Je voudrais lancer un appel particulier à la chefferie coutumière, à la mission catholique, aux protestants et aux musulmans afin qu’ils conseillent le pouvoir en place, notamment Roch, Salif et Simon pour leur demander de jouer balle à terre, car il ne sert à rien de faire la bagarre, d’incriminer qui que ce soit. Aujourd’hui c’est eux, demain ça pourrait être d’autres personnes. Il faut que Blaise Compaoré rentre.

Sita Sangaré, président de la FBF : « Que le Burkina s'installe parmi les Nations qui comptent en football »

Pour cette année 2017, ce qui me tient le plus à cœur, c'est des vœux de quiétude pour notre pays qui, on le sait, a connu des périodes très difficiles avec les différents attentats et les attaques terroristes. Je souhaite également la santé car la santé est capitale pour les équipes sportives notamment celles de football. Je souhaite ensuite la réussite et le succès pour notre équipe nationale, les Etalons, engagée dans la phase finale de la coupe d'Afrique des Nations à Libreville et dont la compétition commence le 14 janvier prochain.

Je souhaite aussi beaucoup de succès pour nos clubs engagés en campagne africaine (RCK et AS-Sonabel), également pour l'ensemble de nos équipes qui prennent part à nos différents championnats ; qu'elles soient masculines ou féminines.

Pour ma part, le bon parcours pour la CAN 2017, c'est d'installer définitivement notre pays parmi les nations qui comptent dans le football continental voire mondial. Nous avons déjà été en finale de la CAN ; donc la perspective idéale pour nous, c'est de remporter le tournoi. Ce serait un signal très fort. Mais souvent il faut aussi être réaliste. On vient de sortir d'une CAN complètement ratée (en 2015). Je pense que déjà, se qualifier pour les quarts de finale serait une bonne chose, et permettrait d'effacer les souvenirs douloureux de la Guinée Équatoriale. Maintenant, à partir de ce moment, tout serait possible. Mais en même temps, nous pensons que cela est un objectif minimal que nous avons assigné à l'entraîneur Paolo Duarte. Le reste viendra après.

Propos recueillis par

Abdou Karim Sawadogo
Alex Kaboré
Assiata Savadogo
Aboubacar Dermé
Akodia Ezékiel Ada

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