Soulèvement populaire du 3 janvier 1966: 51 ans après, les syndicalistes se souviennent

| 04.01.2017 à 00h02
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Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
© DR / Autre Presse
Photo d'archives, utilisée à titre d'illustration
L’Unité d’action syndicale (UAS) a commémoré ce mardi 3 janvier 2017, le 51e anniversaire du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a conduit au départ du pouvoir du président Maurice Yaméogo, premier président de la Haute Volta. Au titre des activités, l’UAS a tenu une conférence publique à la Bourse du travail de Ouagadougou sous le thème : «Les leçons du soulèvement populaire et historique du 3 janvier 1966 pour la défense des acquis de l’insurrection populaire et de la résistance héroïque au putsch.»


La conférence a été animée par Dominique Yaméogo de la Confédération générale du travail du Burkina Faso (CGT-B) et modérée par Paul Kaboré de l’Organisation nationale des syndicats libres (ONSL). « Nous avons choisi de commémorer le soulèvement populaire du 3 janvier en nous intéressant aux leçons que nous pouvons en tirer pour assurer la défense des acquis des deux événements majeurs que notre pays a connus à savoir l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la résistance victorieuse au putsch du 16 septembre 2015 », a indiqué d’emblée Dominique Yaméogo.

Son exposé s’est articulé essentiellement sur trois points : le rappel du 3 janvier 1966, les leçons du 3 janvier 1966 pour la défense des acquis de l’insurrection populaire et de la résistance héroïque au putsch, les acquis et la défense des acquis de l’insurrection et du coup d’Etat manqué de septembre 2015.
Le syndicaliste a affirmé que ces deux événements constituent les preuves de la maturité du peuple burkinabè, de son refus de l’arbitraire, son rejet du "putschisme" et de son attachement aux valeurs démocratiques.

Au titre des acquis de l’insurrection populaire tels qu’énumérés par M. Yaméogo, il y a entre autres, la prise de conscience par notre peuple de ses forces et de ses capacités, le maintien et l’élargissement des espaces de liberté, l’entrée en lutte des différentes couches populaires, la réouverture des dossiers de crimes de sang et de crimes économiques et les engagements du gouvernement concernant la relecture des lois 027, 028 et 033.

Et pour défendre lesdits acquis, l’UAS a indiqué qu’il revenait aux différentes structures de lutte « de poursuivre et d’intensifier le travail d’information, de sensibilisation et de mobilisation des militants et des travailleurs afin de les préparer à la défense et à l’approfondissement des acquis ».

Et la meilleure commémoration du 51e anniversaire du soulèvement populaire doit consister, selon le conférencier, à rendre justice aux martyrs et à leurs familles, à lutter résolument contre l’impunité des crimes de sang et des crimes économiques en exigeant que soient jugés tous les auteurs et commanditaires et à lutter contre la vie chère.

« Le message de cette commémoration est de dire à ceux qui sont au pouvoir de tirer les leçons du 3 janvier 1966 et de 2014 pour qu’il puissent prendre chaque fois en compte les préoccupations du peuple », laissé entendre le président du mois des Centrales syndicales, Paul Kaboré.

En rappel, le 3 janvier 1966, suite à l’appel de l’intersyndical de l’époque, les travailleurs et l’ensemble des couches populaires ont manifesté leur mécontentement contre les mesures d’austérité décidées par le président Maurice Yaméogo et sa mauvaise gestion du pays. Ladite manifestation avait contraint le président Yaméogo à la démission.

Dimitri Kaboré

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