Revendications sociales : Le Gouvernement et le Synatic signent un protocole d’accord

| 31.12.2016 à 00h03
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Siriki Dramé - Secrétaire Général du SYNATIC
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Siriki Dramé - Secrétaire Général du SYNATIC
La grogne sociale au niveau du Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) a connu un dénouement heureux sur certains points de la plateforme revendicative. Un dénouement qui a été matérialisé par la signature d’un protocole d’accord entre le syndicat et le gouvernement, dans la soirée du jeudi 29 décembre 2016, sous le regard bienveillant du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, dont l’implication directe a permis de sortir de cette crise entamée depuis cinq (5) mois marquée par des grèves et des sit-in. Le Syndicat et le Gouvernement conviennent également de poursuivre le dialogue sur les points n’ayant pas fait l’objet d’accord.

L’implication personnelle du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA dans les négociations avec le Syndicat autonome des travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC) a permis de dénouer cette crise entamée depuis cinq (5) mois et marquée des grèves et des sit-in. En effet, cette grogne sociale au niveau des journalistes de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), des Editions Sidwaya, des agents du Service d’information du gouvernement (SIG), des centres émetteurs et des Directions de la communication et de la presse ministérielle (DCPM) a connu un dénouement heureux matérialisé par la signature d’un protocole d’accord entre le syndicat et le gouvernement dans la soirée du jeudi 29 décembre 2016.

Les négociations ont porté sur l’ensemble des points de la plateforme notamment l’amélioration conséquente des conditions de vie et de travail des personnels des médias publics, du Service d’information du Gouvernement (SIG) et des Directions de la communications et de la presse ministérielle (DCPM), la reconstitution de carrière des agents des médias publics, la poursuite du dialogue sur les points n’ayant pas fait l’objet d’accord.

Pour ce qui est de la transformation des EPE en société d’Etat, les deux parties se sont accordées sur la création d’une commission mixte comprenant d’une part, du côté du Gouvernement les ministères en charge de la Communication, des Finances, de la Fonction publique et du Commerce, et d’autre part le SYNATIC dans le but d’opérationnaliser les articles 7 de la loi n° 057-2015/CNT et 30 de la loi n°059-2015/CNT du 04 septembre 2015 portant respectivement régime juridique de la presse écrite au Burkina Faso et régime juridique de la radiodiffusion sonore et télévisuelle du Burkina Faso.
A cet effet, chaque EPE recrutera un Cabinet d’Etude chargé de faire des études techniques préalables à la mise en œuvre du passage à la société d’Etat. Les résultats des ces études seront soumis à l’appréciation de ladite commission mixte.
Le Gouvernement s’engage à mettre en place la commission mixte à la fin du mois de janvier 2017 et à recruter les cabinets d’étude au cours du premier trimestre 2017.

En ce qui concerne le décret portant création, organisation et fonctionnement du SIG, les deux parties s’accordent à reconnaitre la nécessité d’une adoption diligente et consensuelle de ce décret. Les deux (02) parties se sont également accordées sur le principe de l’harmonisation, du relèvement et de l’extension de l’indemnité de code vestimentaire au regard des bénéficiaires et des taux suivants :

  • 30 000 FCFA pour les journalistes, les techniciens de reportage, les techniciens des médias publics, du SIG, des directions chargées de la communication des ministères et des institutions, de l’ISTIC et du ministère chargé de la Communication ;
  • 11 000 FCFA pour le personnel administratif et de soutien autres que les journalistes, les techniciens de reportage, les techniciens des médias publics, du SIG, de l’ISTIC et du ministère chargé de la Communication.

La date d’effet de cette revalorisation indemnitaire est fixée au 1er janvier 2017.
Les deux (02) parties se sont aussi félicitées du climat serein et constructif qui a prévalu tout au long des négociations et conviennent de poursuivre le dialogue sur les points n’ayant pas fait l’objet d’accord. Ce sont essentiellement :

  • la dotation des organes publics (RTB et Sidwaya) en infrastructures et équipements modernes ;
  • le reclassement des agents des catégories B1, A2 et A3 bloqués dans leur carrière ;
  • la revalorisation des grilles salariale et indemnitaire (octroi de l’indemnité de risque et prime de panier et relèvement des taux des indemnités d’astreinte, de logement et de technicité) en attendant le passage à la société d’Etat ;
  • le remboursement des frais liés à l’acquisition des verres correcteurs.

Le Chef du Gouvernement a félicité les deux parties notamment la partie syndicale et la délégation gouvernementale pour la signature du protocole d’accord et les uns et les autres à persévérer dans la voie du dialogue social.

« Cela montre que la démocratie, dont la presse est un des maillons les plus importants, est bien enracinée au Burkina Faso. C’est la preuve également que le dialogue social, un des principes de base sur lequel se fonde mon Gouvernement, a des vertus. C’est grâce au dialogue social que nous arriverons toujours à nous mettre autour d’une table et à trouver des solutions consensuelles aux problèmes des uns et des autres », a-t-il justifié.

Même s’il reconnait que dans une démocratie le droit de grève est un principe constitutionnel et que les travailleurs ont le droit et le devoir de défendre les intérêts matériels et moraux de leurs adhérents, Paul Kaba THIEBA insiste sur le fait qu’en même temps le rôle du Gouvernement est de défendre et de travailler pour l’intérêt général, dans le respect de l’équilibre des finances publiques.

Et le Premier ministre d’expliquer : « Nous devons toujours trouver un consensus aux revendications en tenant compte de l’intérêt général et dans la nécessité de trouver toujours un équilibre au niveau des finances publiques. Au delà des intérêts catégoriels et corporatistes, le Gouvernement cherche à sortir le Burkina Faso de la pauvreté. Au lendemain de l’Insurrection populaire, au lendemain de la résistance héroïque de notre peuple contre la tentative de coup d’Etat, les attentes sont multiples. Les jeunes et les différentes corporations sont impatients. Tout le monde veut tout et tout de suite. Ce n’est pas simple de satisfaire tout le monde dans les meilleurs délais. Il faut donc que les uns et les autres fassent preuve de patience, de responsabilité et de patriotisme ».

En plus, il a fait remarquer que : « La construction de la Nation, de la Patrie est en jeu. Nous avons le Plan national de développement économique et social (PNDES) à mettre en œuvre pour sortir le pays de la pauvreté. Ce plan demande des moyens financiers et l’adhésion de tout le peuple burkinabè autour des objectifs de croissance, de lutte contre les inégalités, de recul de la pauvreté. Ce pays nous appartient tous et nous devons tous faire des efforts pour le construire».

Au nom du Gouvernement, il a promis de tout mettre en œuvre pour respecter les engagements qui ont été pris dans le cadre de cet accord.
« Nous ne doutons pas également de la parole de nos frères du SYNATIC qui sont des personnes raisonnables, des personnes respectables de manière à ce que le service de la presse publique s’améliore. C’est la volonté du Gouvernement de renforcer la presse aussi bien publique que privée pour en faire des acteurs de la démocratie. La vison du Gouvernement c’est de renforcer les contrepouvoirs notamment la presse et les partenaires sociaux », a soutenu M. THIEBA.

Quant au Secrétaire général du SYNATIC, Siriki DRAME, il a mentionné que la signature de ce protocole d’accord est à l’honneur de l’ensemble des membres et sympathisants du syndicat et du Gouvernement en ce sens qu’elle est la résultante de l’implication assidue des deux parties.

« Nos membres sont tous conscients de la situation économique de notre pays et des difficiles conditions de vie des Burkinabè. A travers nos manifestations, nous avons voulu attirer l’attention de nos autorités sur des questions primordiales qui concernent aussi la vie des médias publics », a-t-il souligné.

DCI/PM

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