Opinion : Les névroses islamiques

| 04.02.2017 à 00h00
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Opinion : Les névroses islamiques
© DR / Autre Presse
Opinion : Les névroses islamiques
Parce qu’ils prônent le viol de la société, les terroristes ne sauraient être traités comme des adversaires réguliers. Car « vouloir donner aux choses le sens de ses désirs est la pire forme de dérèglement de l’esprit. » (Bossuet). Ce sont des sociopathes, mais l’origine de leur folie trouve sa source dans une névrose plus “ordinaire”, islamique, dont la banalisation et l’expansion rigoriste met nos sociétés en péril.

Cette névrose islamique sépare le monde en deux : les fidèles et les infidèles, et génère discriminations et intolérance. Cette simple allégation dualiste, manichéenne, suffit pour démettre l’argument infantile, trompeur, illusoire et dangereux selon quoi le terrorisme international serait téléguidé par l’Occident (qui possède bon nombre de névroses mais n’a pas l’esprit manichéen). Téléguidés par l’Occident, l’État islamique ? AQMI ? Al Murabitoun ? Téléguidés par l’Occident les attentats d’Europe, et ceux d’ici dirigés “justement” contre des intérêts occidentaux ? Téléguidés par l’Occident les menaces contre l’enseignement de la langue française ? Se convaincre de tels paradoxes pour dédouaner l’islam de toute dérive extrémiste relève du dérèglement de l’esprit, et légitime les monstres qui prennent les armes pour affirmer leur “vérité” et soumettre par la force, comme l’ont fait les chrétiens au temps des Croisades. Seuls les États africains sont téléguidés par l’Occident.

Dès l’apparition des “Livres saints”, des pouvoirs à la fois barbares, politiques et religieux, se sont servis des Écritures pour imposer leur “Vérité”, bien avant la Djihad ! Et si nombre de croyants refusent de reconnaître que le terrorisme religieux actuel a un quelconque rapport avec l’islam, que doivent-ils penser des Croisades chrétiennes ? Que ce sont de “simples” actes de banditisme, étrangers à quelque religion que ce soit, bien qu’ils aient imposé Dieu au passage ? Et si le terrorisme “moderne” porte le nom de “Djihad islamique” (car pour Al Murabitoun il s’agit de “redresser” un islam dévoyé par l’animisme), faut-il considérer ce titre comme usurpé, et l’adjectif “islamique” comme étranger à l’islam ? S’il fallait penser ainsi, il faudrait s’inquiéter (et nous nous inquiétons) devant la multitude de structures “islamiques” reconnues par l’État, et fédérées ensemble pour exercer davantage de pression sur lui, en lieu et place de la Communauté musulmane d’Afrique qui semble s’être effacée, ou avoir été effacée, mais par qui sinon par ceux-là même qui se sont “détachés” de cette communauté, en 1973, pour créer le premier mouvement islamique au Burkina Faso, le mouvement sunnite (wahhabite), désormais rassembleur d’une multitude d’associations islamiques au sein d’une Fédération.

Il faut cesser de se servir de l’Occident, aussi impérialiste et détestable soit-il, comme bouc émissaire, et oser regarder en face nos propres dérives. Car ceux qui, sur les forums, tiennent des discours agressifs et vengeurs contre l’Occident sont ceux-là mêmes qui n’ont plus d’africain que la couleur, occupés par les efforts névrotiques qu’ils déploient pour s’arabiser, et trahir par leurs “nouvelles croyances des origines”, les valeurs de leurs ancêtres, dont les origines sont de très loin antécédentes au Quran des Arabes.

Foi musulmane et croyances islamiques

Il n’y a qu’un seul Coran mais il y a autant d’islams que de croyants ; et les islamiques se mêlent aux simples et pieux croyants musulmans pour davantage les manipuler, soi-disant les représenter (eux qui n’aiment que la tranquillité, préfèrent en tout la paix et se satisferaient volontiers de leur seule foi, eux qui se taisent sur les dérives qui les incluent, au profit de fourbes qui s’en octroient davantage de légitimité), et parler en leur nom, ou faire circuler des rumeurs, relayées par exemple il y a quelques mois par le rapport 240 de l’ONG International Crisis Group (ICG) : les “musulmans” vivraient frustrés, insuffisamment représentés dans les hautes sphères de l’administration (plus précisément, pensent-ils, dans un État “chrétien”, et islamophobe pour reprendre le qualificatif utilisé pour vilipender la France) ; la langue arabe ne serait pas suffisamment mise en valeur dans l’enseignement public, crispation dont on a pu apprécier les effets (armés) en direction d’enseignants le 25 janvier dernier dans le Soum.

Et ces islamiques ont eu aussi des “préoccupations” face à un projet de loi sur les libertés religieuses dont ils ont fait grand bruit pour apeurer, “terroriser”, menacer du pire, au point de faire reporter, puis retirer ledit projet, affirmant ainsi leur supériorité sur l’État.

Leur puissance ainsi affirmée a libéré des frustrations longtemps contenues, et les armes sont sorties pour accompagner le sentiment de “libération”, avec des menaces ouvertes contre l’enseignement de la langue française ; les enseignants visés en tremblent encore. Le témoignage de M. Iliasse Sawadogo renseigne sur plus d’un point, dont l’origine, selon lui, “non-malienne” des agresseurs (l’un parlait le fulfuldé, l’autre le mooré) dont il prétend qu’ils ont des soutiens parmi les populations locales.

Faut-il rappeler que la liberté de conscience, d’opinion religieuse, philosophique, d’exercice de culte, la liberté de réunion, la pratique de la coutume ainsi que la liberté de cortège et de manifestation sont garantis par l’actuelle Constitution sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public. Où est la limite du respect de l’ordre public ? On entend ici et là que les Sunnites wahhabites, parfois supposés proches des terroristes, ne sont pas des égorgeurs, mais ils savent néanmoins sortir les armes. Ainsi le 21 avril 1995 se sont-ils entretués dans leur mosquée du quartier Zangouetin de Ouagadougou. Aucune publicité n’avait été faite à l’époque sur cet événement, mais à force de couvrir les dérives islamiques, leurs auteurs en viennent à confondre couverture avec légitimité ! Les événements dans le Soum ne troublent-ils pas l’ordre public, et ne viennent-ils pas à la suite des préoccupations énoncées par les associations islamiques ?

Pour préserver l’intégrité de la foi musulmane, plutôt que de plier devant une Fédération d’associations islamiques, l’État aurait mieux fait de les dissoudre toutes pour ne garder que la seule Communauté musulmane (CMBF) qui depuis 1962 assurait la cohésion entre les musulmans, et depuis n’a fait qu’être divisée, fractionnée, dénaturée par des factions islamiques.

Un besoin névrotique de visibilité

Dans les pays musulmans, aucun problème de visibilité ne se pose, et il n’existe pas cette nécessaire neutralité qu’apporte la laïcité dans l’espace public d’un pays multiconfessionnel comme le nôtre, pour justement éviter toute friction, ou domination d’une confession sur les autres ; laïcité dont les islamiques ne veulent pas. Leurs préoccupations récentes, faites par voie de presse, indiquaient clairement leur crainte que la loi ne restreigne leur visibilité ; mais de façon très égoïste ils ne s’inquiétaient nullement que ce projet de loi ne restreigne, par la même occasion, la visibilité des autres confessions !

Les islamiques revendiquent au Faso une visibilité “totale”, digne d’un pays musulman, et c’est pour le moins méprisant pour les autres confessions. En outre c’est opérer un glissement inacceptable de “marqueur principal”, car désormais certains se revendiquent islamiques avant d’être Burkinabè.

Notre diversité impose que nous reconnaissions, comme marqueur d’identité, avant toute croyance, un marqueur laïc comme garantie de notre cohésion sociale : nous sommes, avant tout, Burkinabè.

Et que ceux qui tiennent, pour alimenter leur névrose, à continuer coûte que coûte à se faire voir, aillent se faire voir ailleurs !

(À suivre)

Coulibaly Junwel

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