Opinion : "Jamais deux sans trois !" - tolérance religieuse, CIA, Arabie Saoudite

| 13.02.2017 à 00h00
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Opinion : "Jamais deux sans trois !" - tolérance religieuse, CIA, Arabie Saoudite
© DR / Autre Presse
Opinion : "Jamais deux sans trois !" - tolérance religieuse, CIA, Arabie Saoudite
Ne manquait plus que ça. Barack Obama a eu le prix Nobel de la paix en 2009. Dans les six ans qui lui restaient à la tête de l’état le plus puissant au monde, il a continué à faire faire la guerre un peu partout sur terre.

L’Union Européenne a eu le prix Nobel de la paix en 2012. Elle continue de se transformer de plus en plus en union militaire avec ses battlegroups et autres, prête à envoyer ses soldats partout où elle pense que ses intérêts sont menacés, ça peut être très loin, même au Mali. Et l’UE a l’audace même de se défendre manu militari contre les réfugié(e)s qui viennent en hordes attaquer sa belle et riche forteresse Europe.

Et de trois, le nouveau chef de la CIA, Mike Pompeo, vient de remettre au ministre de l'intérieur de l’Arabie Saoudite une médaille pour sa contribution à la lutte contre le terrorisme. Ce ministre n’est pas n’importe qui, il s’agit de Mohammed Ben Nayyef, le prince héritier de son pays.

Je ne sais pas si vous vous rappelez. L’Arabie Saoudite était le pays qui, dans les années 1980, a financé les moudjahidines en Afghanistan (avec le soutien tacite des Etats-Unis) parce qu’ils se battaient contre l’Union Soviétique. C’est comme ça qu’Al Qaïda est devenu grand et fort. Et le wahhabisme, qui est l’idéologie officielle du régime de Riyad, est un islam fondamentaliste. On a donc appris sans beaucoup de surprise que l’Arabie Saoudite a soutenu, il n’y a pas très longtemps de cela, des groupes djihadistes faisant partie de l’opposition au président syrien Bachar al Assad. C’est dans cet environnement que, par la suite, l’Etat Islamique a pu prospérer.

On se demande d’ailleurs pourquoi Roch a choisi l’Arabie Saoudite pour une de ses premières sorties internationales en tant que président du Faso. C’était du 2 au 5 mai 2016. Certes, il a ramené de l’argent. Mais n’a-t-il pas peur que, en compagnie de cet argent, viendront aussi les salafistes-djihadistes amis des wahhabistes saoudiens ?

L’extraordinaire tolérance religieuse pour laquelle le Burkina est connu est déjà en train de s’effriter un peu partout. Faut-il encore y rajouter ?

Günther Lanier
Ouagadougou 12 février 2017

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