Lettre ouverte d’un insoumis à Cyriaque Paré, fondateur du Faso.net

| 25.12.2016 à 00h00
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Lettre ouverte d’un insoumis à Cyriaque Paré, fondateur du Faso.net
© DR / Autre Presse
Lettre ouverte d’un insoumis à Cyriaque Paré, fondateur du Faso.net
À l’ère du numérique et de la mondialisation, est-il inacceptable de ne pas être un hyper-consommateur, de refuser de se plier à la norme « cellulaire à écran tactile + réseaux sociaux » dans un des pays les plus pauvres de la planète ? Ne peut-on vivre selon une pauvreté choisie et une discrétion voulue ? Les derniers mots de Cyriaque Paré à notre endroit nous l’ont refusé avec dédain et mépris, avec ces mots : « Vous vous foutez de moi, n’est-ce pas ? » après que nous lui avions affirmé que Junwel Coulibaly n’avait pas de contact téléphonique.


C’est pourtant exact, et nous ne devrions même pas avoir à justifier ce choix. D’ailleurs nous ne le ferons pas.

Ce serait se soumettre encore à un moule débilitant auquel le néolibéralisme de type occidental voudrait nous voir tous adhérer (et il y réussit très bien !). Même au plus fin fond de la brousse, chaque paysan ou presque peut exhiber fièrement l’épais cellulaire à autonomie de batterie record qui lui permettra de s’appauvrir davantage en enrichissant les opérateurs téléphoniques ! Avait-il besoin de ce gadget pour communiquer avant l’invasion de ces chinoiseries de qualité douteuse ? Non, mais il communiquait “autrement”, dans un monde davantage “à sa taille” et à sa mesure. Pourquoi s’est-il soumis à cette vogue planétaire inqualifiable parce que dépourvue de qualité ?

Nous avons personnellement choisi de résister, de ne pas nous soumettre, et nous sommes navrés, désolés de voir la quasi-totalité des Burkinabè suivre, comme des “moutons de Panurge”, ce modèle destructeur qui les a motorisés, cellularisés, télévisés, numérisés, manipulés et chaque jour davantage appauvris par les Tics de qualité toc qui jettent le Faso dans un “fier” abîme, en rien gage de développement du pays.

Cyriaque Paré ne sait pas qui est Junwel Coulibaly parce qu’il n’a jamais eu la curiosité de lui demander, et ce n’est pas Junwel qui s’en plaindrait. D’ailleurs, quelle importance puisqu’il s’agissait pour Junwel de réfléchir sur le monde, centré en l’occurrence sur le Burkina Faso, avec un intérêt particulier pour l’éducation, le développement endogène du pays, et surtout la laïcité, avec des éléments communs à combattre, les obscurantismes les plus bornés comme l’hypocrisie crasse dans laquelle se vautrent les “Intellos” du Faso dans leur refus quasi général d’aborder le tabou religieux ; puis d’écrire pour que ce tabou inutile, symptôme d’une trouille et de brouilles misérables et toutes aussi obscures que le tabou lui-même, se délite et cesse d’empêcher l’intelligence de s’exercer ; et enfin d’être publié pour être lu, quitte à froisser des esprits trop “apprêtés”, et à ce que des “spécialistes” de la victimisation se plaignent.

Pour Cyriaque Paré [Nous parlons pour lui, son silence nous y contraint qui nous déshumanise, et s’il l’avait rompu il nous aurait réintégré dans “une” communauté du monde ! Fort heureusement, il y en a d’autres !], il s’agissait d’accueillir les réflexions et de les publier dans la mesure où il les acceptait, ne serait-ce que dans la plus stricte observance du droit à la liberté d’expression. Il les a tous publiés, sans aucune réserve, au grand étonnement de Junwel Coulibaly qui, sous d’autres noms de plume s’était vu parfois refuser les mêmes textes.

Junwel Coulibaly, ravi d’être publié, a remercié Cyriaque Paré à chaque nouvel article mis en ligne. Il en a soumis huit ces trois derniers mois, et Cyriaque Paré les a tous acceptés, sans réserve, en remerciant à chaque fois l’auteur pour sa contribution. Peut-on rêver meilleure collaboration ?

Cet engouement, cette sollicitude pour un auteur inconnu peut sembler étrange, et Junwel Coulibaly s’est posé plus d’une fois la question de la valeur, de la “hauteur” de cet engouement, et davantage quand, soudain, il a fait “flop” !

L’article “Incivisme et anti-laïcité ” a été l’article le mieux “honoré” par le site Faso.net, le seul des articles de Junwel Coulibaly à avoir été publié en “prime time”, le vendredi soir, et maintenu en tête de gondole pour être visible d’un maximum de lecteurs le week-end ; les autres textes ont tous été publiés en semaine. Simple observation.

L’anecdote veut qu’après la publication de cet article, la Fédération des associations islamiques du Burkina “aurait” poursuivi le Faso.net devant le Conseil supérieur de la communication pour la publication de cet article et des “insultes” qu’il contiendrait à l’adresse “des” musulmans. Le conditionnel accompagne cette assertion parce qu’aucun retour d’audience (prévue le 06 décembre à 09 H 00), ni de contenu de la plainte, ne nous ont été communiqués.

Entretemps Junwel Coulibaly avait envoyé à Cyriaque Paré un neuvième article, intitulé “L’éternelle vigilance est le prix de la liberté” que ce dernier a “gardé sous le coude”, sans autre explication que d’informer Junwel d’une audience à venir, à laquelle il était convié en tant qu’observateur, invitation que Junwel Coulibaly a poliment refusée, n’étant pas en mesure de s’y rendre. C’est quinze heures avant l’audience que Mr Paré s’est enquis du contact téléphonique de Junwel Coulibaly.

Parallèlement un dénommé Séni SANA (dixit le titre de son article) a exercé un “droit de réponse” en tant que musulman, relativement aux articles “Incivisme et anti-laïcité”, et son suivant “La seule communauté laïque au Faso, c’est le peuple”.

Ce “droit de réponse” a eu, par son forum [à la grande satisfaction de Junwel Coulibaly qui souhaitait que son article “mordant” fasse cet effet], l’insigne avantage de “faire sortir le loup du bois”, de donner à lire des arrière-pensées particulièrement menaçantes, et une mise en garde à l’endroit des autorités qui suffisent pour douter de la tolérance présumée de certains “frères” sunnites wahhabites de Monsieur NANA (dixit la signature de l’article).

Voilà que Junwel Coulibaly a souhaité exercer à son tour son droit de réponse, et si cet article est paru, c’est grâce au site Bayiri.com, et parce que Monsieur Cyriaque Paré aura choisi de ne pas exercer le droit moral qui lui enjoint de publier un droit de réponse, voire une lettre ouverte !

Ce droit de réponse en est un, sans l’être. Junwel Coulibaly, désireux de ne pas prolonger publiquement une polémique stérile (dont les échanges sur le forum donnent un avant-goût d’infécondité), a choisi d’ouvrir le débat en offrant, en guise de droit de réponse, une réflexion sur l’éternelle vigilance comme prix de la liberté. Merci au site Bayiri.com d’avoir publié cette réflexion, et aussi cette lettre d’un insoumis.

Coulibaly Junwel

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