Construction de l’échangeur du Nord : Des populations victimes exigent réparation

| 29.12.2016 à 00h00
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Construction de l’échangeur du Nord : Des populations victimes exigent réparation
© DR / Autre Presse
Construction de l’échangeur du Nord : Des populations victimes exigent réparation
La coordination des Comités de défense et de l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de l’ex-arrondissement de Sig-Noghin, a animé, hier mercredi 28 décembre 2016, à Ouagadougou, une conférence de presse. Les échanges ont porté sur les préoccupations des populations touchées par les travaux de construction de l’échangeur du Nord. Celles-ci exigent réparation.


Des populations touchées par les travaux de construction de l’échangeur du Nord (le plus important du Burkina Faso) en construction, exigent réparation. C’est ce qui ressort de la conférence de presse, animée, hier mercredi 28 décembre 2016, dans l’après-midi, à Ouagadougou, par leurs représentants. En effet, les préoccupations des personnes affectées par le projet ont été portées à la connaissance des journalistes par des Organisations de la société civile (OSC) dont la coordination des Comités de défense et de l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP).

«Cette conférence de presse est une première action, pour prendre à témoin, l’opinion publique», a déclaré le coordonnateur du CDAIP, Ernest Zemba, avant de menacer : «Si rien n’est fait, nous envisageons d’autres actions plus fortes».

Selon le conférencier principal, les maraîchers dont certains ont hérité leur activité, il y a plus de 30 ans, doivent être dépossédés de leurs biens de production et déguerpis, alors que les conditions préalables à cela, ne sont pas remplies. Il a mentionné que toutes les initiatives et les décisions relatives à la gestion des indemnisations des personnes concernées, se font toujours, sans l’implication effective desdites populations. «C’est pourquoi, leur fédération a entrepris diverses démarches, aussi bien auprès des autorités municipales, qu’auprès des ministères chargés des infrastructures, de l’administration territoriale, de l’agriculture, ainsi que de l’économie et des finances, pour la satisfaction de leurs doléances», a expliqué le coordonnateur du CDAIP. Et de regretter que toutes ces démarches n’aient pas abouti. A l’entendre les maraîchers, estimés à 600 personnes, ils sont reconnus au sein de regroupements professionnels qui posséderaient tous des agréments.

Pour les populations concernées par le déguerpissement aux abords des barrages, la proposition d’indemnisation de 300 FCFA/ m2, est inacceptable. Elles proposent la somme de 2200 FCFA/m2.

Plateforme minimale de quatre points

Ernest Zemba a aussi relevé que les riverains situés à proximité des voies principales ont vu la fermeture de ces routes et l’ouverture d’autres voies de déviation à l’improviste, «source d’insécurité dans les quartiers». Le porte-parole des personnes affectées a également mentionné le cas «des commerçants et commerçantes du quartier et ceux riverains qui voient chaque jour, leurs produits et articles subir des nuisances diverses». M. Zemba estime qu’il y a eu un manque de sérieux dans l’étude de faisabilité.

«De plus, les autorités administratives, le bureau d’étude AGEIM et SOGEA/SATOM, loin de colmater les brèches pour rattraper les insuffisances de l’Etude d’impact environnemental et social (EIES) font la sourde oreille face aux préoccupations posées par les maraîchers principalement», a-t-il déploré, dans sa déclaration liminaire.

De l’avis de l’animateur de la conférence de presse, c’est pourquoi les personnes directement affectées par le projet, en collaboration avec des OSC de défense des droits de l’homme, sous la houlette des CDAIP de l’arrondissement, ont élaboré une plateforme minimale commune «pour répondre aux préoccupations urgentes des populations». Cette plateforme comporte quatre points dont «le dédommagement conséquent des maraîchers, conformément à la plateforme revendicative et le réglement définitif de leur problème, avant tout déguerpissement». Un autre point de la plateforme minimale concerne «l’aménagement d’un terrain de sport, au profit des élèves et des organisations sportives», tandis qu’un autre a trait au «dédommagement des petits commerçants».

Les travaux de construction de l’échangeur du Nord de la ville de Ouagadougou, prévus pour durer 38 mois, ont commencé depuis le 26 novembre 2015. C’est un grand projet d’aménagement de plusieurs échangeurs, jamais réalisé au Burkina Faso. Son coût est évalué à 70 milliards de FCFA. Le financement est assuré par le budget de l’Etat burkinabè, à travers un partenariat public-privé, avec le groupe Bank of Africa .

Alexandre TRAORE

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