Médias : voici l’état de la liberté de la presse au Burkina

| 18.12.2016 à 00h00
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Médias : voici l’état de la liberté de la presse au Burkina
© DR / Autre Presse
Médias : voici l’état de la liberté de la presse au Burkina
Le Centre National de Presse Norbert Zongo (CNP/NZ) a livré le rapport 2015 sur la liberté de la presse au Burkina Faso. Ce rapport se veut le résultat d’un exercice participatif de présentation de l’état de la liberté d’expression et de la presse et peint le tableau général de la situation des principaux médias que sont la radio, la télévision, la presse écrite et la presse en ligne.


Tout en marquant un arrêt sur les formes et actes récurrents de violations auxquels sont confrontés les journalistes et les médias dans l’exercice de leurs missions, le présent rapport veut permettre au système médiatique de "se regarder dans un miroir", d’apprécier ses avancées et ses blocages vécus au cours de l’année 2015.

Du rapport, la principale conclusion à tirer des notes attribuées est qu’au cours de l’année 2015, "année charnière au cours de laquelle s’est effectuée le très délicat virage de la transition politique", la liberté d’expression n’a nullement régressée comme l’on pouvait s’y attendre. Malgré les épisodes éprouvants du coup d’état manqué, la note de la liberté d’expression et de parole des citoyens s’est maintenue au dessus de la moyenne, soit à 2,61%/4. Le rapport l’explique par le fait de la forte mobilisation des organisations professionnelle des médias.

Une presse assez professionnelle

Malgré ces bons points, force est de constater que sur les questions de professionnalisme, le jury commis à la tâche de la notation a octroyé les notes de 2,45/4, de diversité des médias et de pluralité de l’information 2,45/4. Ces notes demeurent des défis à relever pour le système médiatique burkinabè. La question de la bonne gestion des entreprises de presse apparait comme le plus faible point relevé dans le rapport pour le compte de l’année 2015 avec une moyenne globale de 2,02/4.

Pour le jury, plusieurs éléments concourent à la justification de cette contreperformance qui joue négativement sur la collecte, le traitement et la diffusion d’informations de qualité. A ce niveau, il ressort que des propriétaires d’organes de presse considèrent l’entreprise de presse comme leur propriété et "raflent" toute la caisse à chaque rentrée d’argent. En plus de cela, le rapport pointe du doigt le manque de politique du personnel, des employés qui ne sont pas régulièrement payés, leurs salaires dépendant des humeurs et du bon vouloir du propriétaire.

Au regard des préoccupations croisées qui ont servi de motivation ou de justification aux notes attribuées, il apparait que le score global du Burkina en 2015 traduit des réalités certaines vécues par les acteurs sans trahir toutefois les acquis, les progrès et la notoriété acquis par le Burkina. Globalement, le Faso se classe parmi les réussites du continent africain car n’ayant pas cessé de progresser dans le classement Reporter Sans Frontières (RSF) au cours des dernières années. Ce pays est réputé être l’un des plus dynamiques en matière de pluralisme qu’il s’agisse de la presse écrite ou audiovisuelle selon le rapport.

Armelle Tapsoba

Source : rapport CNP/NZ 2015

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