Factures impayées dans les médias: Le ministre Dandjinou dans la posture de la ''galette''

| 15.03.2017 à 00h00
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Rémis Fulgence Dandjinou - Ministre de la communication et des relations avec le parlement
© DR / Autre Presse
Rémis Fulgence Dandjinou - Ministre de la communication et des relations avec le parlement
Ouagadougou - Accusé par certains médias privés de ne pas défendre assez leurs dossiers de factures impayées par l’administration publique, le ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou, lui-même promoteur d’une télévision privée, a rejeté mardi en bloc ces accusations et appelé l’ensemble des acteurs à une concertation.

Mardi matin, le journal privé Le Quotidien a affiché à sa Une, ''Arrêt de parution de plusieurs journaux à cause des factures impayées, la grogne des directeurs de publication : ‘’le ministre Dandjinou a déjà oublié d’où il est venu’’''.

Cette assertion du directeur de publication de Le Quotidien Souleymane Traoré, fait partie d’autres plaintes recueillies par le journal auprès de sept autres représentants de médias privés.

Le même jour, lors d’une visite du ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou à l’Agence d’Information du Burkina (AIB), les journalistes sont revenus sur cette actualité.

Voici la réponse du ministre de la Communication :

''Comme on le dit en Dioula (langue locale), je suis devenu galette. Je suis brulé à droite, je suis brulé à gauche. Les médias publics disent que depuis que je suis là (janvier 2016), je n’aide que les privés. Les médias privés disent que depuis que je suis là, j’ai oublié d’où je suis venu.

Moi-même en tant que patron de presse privée (télévision Burkina info), -c’est vrai que je n’assure plus la gestion, mais je suis resté actionnaire majoritaire de la télé- en presque deux ans d’existence, j’ai déjà 30 à 40 millions de créances impayées. C’est un problème.

Lorsque la situation (des factures impayées par l’Etat) s’est présentée pour Sidwaya comme pour la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), j’ai fait un rapport en conseil des ministres.

C’était à peu près 200 millions de FCFA pour Sidwaya et 800 millions de FCFA pour la RTB. Le président (Roch Kaboré) a dit sur le champ au ministre (de l’Economie et des Finances, Hadizatou Rosine Coulibaly) de régler. Cela fait une année [...]

Courant juin-juillet 2016, j’ai reçu la SEP (Société des éditeurs de la presse privée) pour poser le problème. A la différence de la RTB et (des Editions) Sidwaya où j’avais fait un rapport, j’ai fait une communication orale en conseils de ministres.

Ils (les ministres) ont dit, c’est vrai, certains journaux ne viennent plus les couvrir parce qu’ils leur doivent... mais qu’ils vont les payer. Après, ils me disent qu’une partie de la dette fait partie de la dette irrégulière. Donc, ils vont essayer d’apurer.

Avant d’hier, j’ai vu dans Le Quotidien, un petit encart où il est dit que les directeurs de publication se plaignent. J’ai appelé le président de la SEP (Boureima Ouédraogo) : -vient on va se rencontrer tous ensemble, l’UNALFA, les éditeurs de presse télévisuelle, la presse en ligne (...) et nous allons essayer de (nous) rencontrer (ce) vendredi-.

Moi, ça va me permettre de relancer ma communication. A ma grande surprise, j’ai vu mon ami (Souleymane) Traoré marquer (aujourd’hui) que j’ai oublié d’où je viens. [...]

Je pense quand même qu’on a travaillé pour les médias privés. On a mis en place le Fonds (d’appui à la presse privée). On s’est battu pour que le Fonds change de nature parce que dans la logique où il était, on ne pouvait pas faire de prêt. On est arrivé à avoir le décret d’application de la publicité. On a réintroduit la question fiscale. Je pense quand même qu’au niveau des médias privés, on a fait un minimum. [...]

C’est une polémique qui est normale parce qu’effectivement, on leur doit de l’argent et il faut qu’on paye. Il y a quelque chose qui se passe, on appelle immédiatement les organes et ils viennent.

Après les gestionnaires, ils sont très astucieux, ils disent oui, il n’y a pas eu de lettre, il n’y a pas eu de bon de commande, il n’y a pas eu ceci (ou) cela. En tant que responsable d’organe, j’ai vécu ça. On vous tourne en bourrique, alors que quand on avait besoin de vous, on vous a appelés et vous êtes venus. Après, pour vous payer, on vous tourne en rond''.

Agence d’information du Burkina

ak-ata/ss

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