Bobo-Dioulasso: le CSC pour un traitement responsable de l’information à caractère sensible

| 06.04.2017 à 00h01
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Nathalie Somé - Présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC)
© DR / Autre Presse
Nathalie Somé - Présidente du Conseil supérieur de la communication (CSC)
Nathalie Somé, président du Conseil supérieur de la communication (CSC) et ses plus proches collaborateurs ont échangés avec les journalistes de la région des Hauts-Bassins le mercredi 5 avril 2017 à Bobo-Dioulasso sur le traitement de l’information à caractère sensible.

Inviter les journalistes à donner l’information sans pour autant créer une psychose au sein des populations en cette période d’insécurité marquée par les attaques terroristes. C’est l’objectif recherché par le CSC en initiant cette rencontre d’échange.

C’est un secret de polichinelle en effet. Une période d’insécurité (d’attaques terroristes) rime généralement avec période sensible. Dans le souci de vouloir donner l’information, les hommes de médias peuvent «consciemment ou inconsciemment» créer la psychose au sein des populations ou se transformer en «service de communication» en faisant la propagande des terroristes.

Organe de régulation des médias, le CSC a jugé opportun d’anticiper une telle situation au Pays des Hommes intègres. C’est dans cette optique qu’elle a entamé une série de rencontres avec les hommes de médias pour échanger avec eux quant au traitement de l’information sur les questions sécuritaires. Cette action selon Domontoa Jean-Paul Toé, directeur général de l’observation des médias et des études du CSC, n’est pas de nature à censurer la diffusion ou la publication de certaines informations. «Nous ne demandons pas aux médias de faire un black out sur les questions sécuritaires. Nous leur demandons seulement de prendre toutes les précautions avant de diffuser ou publier les informations à caractère sensible qui peuvent provoquer la psychose au sein des populations afin de ne pas compromettre les efforts des Forces de défense et sécurité sur le terrain», a-t-il insisté.

Selon lui, la sur-médiatisation des attaques terroristes peut être une action qui pourrait «servir la cause de l’ennemi». D’où la nécessité pour les journalistes selon Nathalie Somé, de toujours se poser la question de savoir «comment concilier le droit à l’information tout en préservant l’intérêt général». «La communication est une arme de destruction massive. Si nous la manipulons mal, elle peut faire mal», a-t-elle schématisé avant d’exhorter les journalistes à toujours se rappeler de leurs responsabilités sociales.

Cette rencontre a été pour le CSC, le lieu de présenter aux hommes de médias son «programme d’urgence» intitulé «médias et sécurité» dans le but de recueillir les suggestions pour sa perfection. Dans ce programme lié à la situation sécuritaire, le CSC prévoit la formation des journalistes sur le traitement de l’information à caractère sensible dans un contexte d’insécurité; la sensibilisation des citoyens sur la consommation responsable de l’information et la régulation de proximité sur le traitement des informations à caractère sensible.

Présent à la cérémonie d’ouverture de la rencontre d’échanges entre le CSC et les journalistes des Hauts-Bassins, le gouverneur a salué l’initiative du CSC d’échanger avec les hommes de médias sur le traitement de l’information à caractère sensible car pour lui, «la lutte contre le terrorisme ne saurait être l’apanage des seuls professionnels de la sécurité et de la défense». «L’ensemble des médias et tous les acteurs qui peuvent concourir à réussir cette lutte sont conviés à travailler à ce que nous puissions asseoir une meilleure prévention», a-t-il conclu.

Cheick Omar Traoré

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