En entreprise, « la femme est une louve pour la femme »

| 17.02.2016 à 00h00
Réagir
En entreprise, « la femme est une louve pour la femme »
© DR / Autre Presse
En entreprise, « la femme est une louve pour la femme »
La rivalité féminine est une réalité bien présente dans le monde du travail. Harcèlement moral, relations difficiles avec une supérieure hiérarchique,... En entreprise, les femmes ne sont pas toujours plus tendres que les hommes.


On les imagine souvent plus gentilles, plus douces ou plus compréhensives mais, en entreprise, les femmes sont parfois décrites comme étant des louves. La solidarité s'efface alors au profit de la rivalité. "On est plus habitué, dans notre société, à des chefs masculins au travail qui basculent dans le sexisme et traitent mal leurs subalternes. D'ailleurs, quand des femmes sont en conflit, on dit vite que ce sont des histoires de "bonnes femmes" ou que c'est comme une cour de récré entre petites filles.

C'est finalement occulter voire caricaturer la réalité de la souffrance qui naît de ces antagonismes", explique Annik Houel au site Ouest-France. Cette professeure de psychologie sociale à l'université Lyon-II a récemment écrit un livre sur le sujet. Une idée qui lui vient de ses étudiantes. À la fin de leur stage, celles-ci lui ont en effet confié les difficultés qu'elles avaient rencontrées avec leur supérieure hiérarchique.

À l'origine, la relation mère-fille

Pour Annik Houel, cette rivalité féminine s'explique par le fait que la femme se retrouve inconsciemment dans un schéma de relation mère-fille. "Elle doit se soumettre à une autorité ("fais ci, fais ça") qui réveille de vieux conflits bien plus archaïques. Les petites filles sont bien obligées à un moment ou l'autre de se rebeller pour essayer de se libérer de l'emprise maternelle et prendre leur indépendance. C'est ce qui se rejoue souvent dans les relations de pouvoir entre femmes dans le monde du travail", analyse-t-elle dans Femme Actuelle. Il s'agit ici d'une explication possible parmi d'autres.

Même si la situation évolue, les places à haute responsabilité sont encore souvent réservées aux hommes et la compétition se fait donc rude entre les femmes par exemple. Certaines d'entre elles veulent aussi faire subir aux plus jeunes ce qu'elles ont enduré pour se hisser au sommet. D'autres encore estiment qu'il faut adopter un "comportement d'homme" et véhiculer un discours masculin pour diriger. Le but: se faire accepter et se détacher d'un groupe qui est parfois socialement infériorisé, dénigré: les femmes.

La misogynie féminine, ça existe

"La misogynie féminine est un syndrome de Stockholm, une soumission aux hommes, mais aussi une attaque des femmes contre elles-mêmes. (...) Elle prend différentes formes: les vacheries, le dénigrement, la jalousie, le mépris, l'absence de solidarité avec les congénères, la recherche de camarades masculins plutôt que féminins" explique Annik Houel à Psychologies.

Pour elle, certaines femmes se sentent obligées de renier une partie d'elles-mêmes pour avancer professionnellement. Bien entendu, les rivalités masculines sont également courantes en entreprise et la solidarité féminine n'est pas absente du monde du travail. Pour que les relations professionnelles se passent au mieux, Annik Houel conseille de ne pas trop les construire sur l'affectif. Selon elle, il est important de prendre conscience que nous exportons parfois ce lien préoedipien (mère-fille) là où il ne faut pas, en entreprise.

Avec 7sur7.be

Commentaires

À lire aussi

En Continu

Publicité

La Newsletter

S'abonner gratuitement !
captcha 
Publicité
Publicité