Attaques à main armée dans le Soum : Deux morts, un blessé et un disparu

| 14.11.2016 à 00h00
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Attaques à main armée dans le Soum : Deux morts, un blessé et un disparu
© DR / Autre Presse
Attaques à main armée dans le Soum : Deux morts, un blessé et un disparu
Des hommes armés non identifiés ont attaqué, dans la nuit du samedi 12 novembre 2016, les populations de la ville de Djibo et des localités de Pétèga et de Soboulé dans la commune de Nassoumbou. Ces attaques ont occasionné la mort d’un Imam prêcheur à Djibo au secteur 5, d’un conseiller du village de Pétèga, et un autre conseiller a été blessé à Soboulé.


C’est aux environs de 20 heures que des individus armés non identifiés ont attaqué le domicile de l’imam prêcheur au secteur 5 de Djibo. Amadou Boli, c’est de lui qu’il s’agit, a été abattu froidement par deux hommes armés à la porte de son domicile sis au secteur 5 de Djibo de quatre balles dans le corps. Les assaillants sont arrivés sur une moto. Amadou Boli, âgé d’une quarantaine d’années et père de deux enfants, était un imam prêcheur et le numéro 2 du réseau IRSAD (Réseau des prêcheurs) qui s’est radicalisé au fil des temps. Il animait des prêches sur les antennes d’une radio de la place et était suivi par beaucoup d’auditeurs, surtout les jeunes, et cela a provoqué un « tollé » au sein des grands imams de la ville qui l’avaient interpellé chez le chef de canton pour le sermonner. Pour eux, ces prêches avaient pour objectif de radicaliser les jeunes. D’ailleurs, il avait des adeptes qui ne juraient que par lui.

Ces amis voulaient l’obliger à faire des choses qu’il ne souhaitait pas, lui voulait rester dans le cadre des prêches

Dans la nuit du samedi 12 novembre 2016, Amadou Boli a reçu un coup de fil qui lui demandait sa position. «Quand il est revenu de la prière aux environs de 20 heures, il a reçu un appel et il a répondu qu’il se trouvait à la maison. Il a pris sa natte pour s’installer à la porte de la cour. Quelque temps après, nous avons entendu le bruit d’une moto qui s’est garée. Les intéressés ont lancé des salamalecs, il leur a répondu et ils ont entamé une discussion qui s’est terminée par une fusillade. Nous avons accouru, mais les assaillants sont repartis sur leur moto. L’imam gisait dans son sang» selon le témoignage d’un proche. Les yeux rougis par les pleurs, la même source affirme qu’il savait qu’Amadou Boli n’était pas en bons termes avec certains de ses amis ; il savait que le danger était imminent. Il en parlait souvent. «Ces amis voulaient l’obliger à faire des choses qu’il ne souhaitait pas, lui voulait rester dans le cadre des prêches», a-t-il ajouté tout inquiet. Transporté au CMA, il a cité quelques noms avant de rendre son dernier souffle. Selon certaines sources, c’est un règlement de comptes, car l’imam Amadou Boli était dans un réseau où il devait recruter des jeunes pour les former au maniement des armes au Mali. Cela n’a pas rencontré son assentiment, et comme il en savait trop, il fallait l’éliminer. D’autres pensent qu’il a été assassiné, car il a permis aux forces de sécurité d’appréhender une vingtaine de personnes du même réseau dans le village de Pétèga.

A Pétèga et à Soboulé, situées à une trentaine de kilomètres dans la commune de Nassoumbou, d’autres cas d’attaques se sont déroulés dans la même nuit du samedi. Au cours de ces attaques, le conseiller du village, Tamboura Amadou Oumarou, a été froidement assassiné de quatre balles dans la tête, et Dicko Hamadoum, un habitant de la même localité, a été enlevé par les assaillants et reste introuvable. Dans le village de Soboulé, les assaillants ont blessé le conseiller, et grâce au courage et à la promptitude de la population, un assaillant a été maîtrisé et sérieusement molesté. Actuellement, il est en soins intensifs au CMA de Djibo sous haute sécurité. Il faut signaler que les attaques ont eu lieu aux mêmes heures et suivant le même mode opératoire. Les assaillants sont tous arrivés à moto et remorqués. Il faut aussi préciser que toutes les victimes appartiennent au réseau IRSAD.

Harouna Abdoulaye Nass

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