En 22 mois, le dossier Thomas Sankara a avancé de façon remarquable (avocat)

| 13.10.2016 à 00h01
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En 22 mois, le dossier Thomas Sankara a avancé de façon remarquable (avocat)
© DR / Autre Presse
En 22 mois, le dossier Thomas Sankara a avancé de façon remarquable (avocat)
Ouagadougou - Durant les vingt et deux (22) derniers mois, le dossier judiciaire de l’ancien président du Burkina Faso (1983-1987) Thomas Sankara, a connu une avancée remarquable, a déclaré mercredi à Ouagadougou, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, l’un des avocats de la famille du défunt président.


Les échanges avec les journalistes ont porté essentiellement sur l’évolution du dossier de l’affaire dite «ministère public et ayants-droit de feu Thomas Isidore Noël Sankara et douze autres contre désormais: Blaise Compaoré dit Jubal, Hyacinthe Kafando, Gilbert Diendéré, Gabriel Tamini et Alidou Diébré».

Selon l’avocat de la famille Sankara, toutes ces personnes sont poursuivies pour différents chefs d’inculpation dont principalement les crimes d’attentat à la sûreté de l’Etat, d’assassinat, de faux en écriture publique, de recel de cadavres, etc. ou de complicité de ces infractions.

«Derrière le secret de l’insurrection, nous avons cherché à communiquer le moins possible pour ne pas gêner la procédure», a expliqué Me Bénéwendé Sankara, dans sa déclaration liminaire.

Il a été assisté, lors de la conférence de presse de Me Ambroise Farama et Me Julien Lalogo, deux autres membres du collectif des avocats constitués aux côtés des ayants droit du Capitaine Thomas Sankara.

L’animateur principal de la conférence de presse a rappelé qu’après l’insurrection populaire de fin octobre 2014, c’est le 13 janvier 2015 que les avocats de la famille Sankara ont demandé au nom des ayants-droit, la réouverture du dossier Thomas Sankara ainsi que l’identification du corps.

Il a précisé que cela a fait suite à la décision du président de la Transition Michel Kafando du 21 novembre 2014 et aux déclarations du Premier ministre de la Transition, Yacouba Isaac Zida du 28 novembre 2014.

Evoquant les actes posés depuis la relance du dossier, Me Sankara a mentionné que le 6 mars 2015, le procureur de Faso dénonçait au ministre de la Défense, des infractions dont celles d’assassinat, atteintes à la sûreté de l’Etat, faux en écriture publique, recel de cadavres, complicité, etc.

Il a aussi indiqué que le 11 mars 2015, le gouvernement a signé le décret portant autorisation d’exhumation et d’expertises des restes de feu Thomas Sankara, avant d’ajouter que le 18 mai de la même année, il y a eu l’audition de la veuve Mariam Sankara, suivie de l’exhumation des restes, une semaine plus tard.

«Le 17 septembre 2015, les conclusions des rapports de l’expertise balistiques et de l’autopsie sont rendues publiques aux familles», a confié l’avocat qui renseigne aussi que le 31 décembre 2015 la famille Sankara a demandé une contre-expertise.

Me Bénéwendé a déploré que le coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 soit intervenu, occasionnant le ralentissement du dossier, car selon lui, c’est le même juge d’instruction qui a en charge, le dossier du coup d’Etat.

L’animateur de la conférence de presse a laissé entendre que le juge d’instruction a procédé à l’inculpation de 14 personnes, au lancement de deux mandats d’arrêts internationaux, notamment, contre Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando.

«Il est difficile d’être exhaustif. Mais retenez que ce que nous venons d’exposer est le résumé d’environ 22 mois de travail depuis l’ordre d’informer qui a été donné sous la Transition que vous pouvez comparer avec les 18 ans de procédures diverses que nous avons menées depuis 1997, sous l’ère Compaoré (du nom de l’ex-président Blaise Compaoré, Ndlr)», a souligné l’avocat.

Et Me Ambroise Farama de renchérir que de son expérience d’avocat, ce qui s’est passé en l’espace de 22 mois, constitue un record en matière d’avancée d’un dossier du genre.

Le collectif des avocats de la famille Sankara dit être optimiste quant à la tenue d’un procès, quel que soit le temps que cela va mettre. Pour les avocats, seule une volonté politique pourrait encore bloquer ledit dossier.

Le capitaine Thomas Sankara, le président du Conseil national de la révolution (CNR), a été assassiné le 15 octobre 1987, lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir jusqu’au 31 octobre 2014.

Durant le règne du président Compaoré, le dossier judiciaire relatif à la mort de Thomas Sankara, n’a pas connu d’évolution.

Agence d’information du Burkina
ak/taa

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