Koglwéogo, le mauvais deal de Simon Compaoré

| 27.06.2016 à 00h00
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Koglwéogo, le mauvais deal de Simon Compaoré
© DR / Autre Presse
Koglwéogo, le mauvais deal de Simon Compaoré
Je ne voulais plus ni écrire, ni parler des Koglwéogo. Parce, qu’on peut estimer que tout a été dit et redit. Malheureusement, les dernières évolutions sur le terrain commandent qu’on en parle, qu’on écrive une fois encore sur ces « hors-la-loi ». De quoi s’agit-il ? Samedi en milieu de journée, des affrontements entre populations et Koglwéogo ont eu lieu au quartier Zongo à Ouagadougou. Des jeunes se sont opposés à une opération d’arrestation d’un présumé voleur par des Koglwéogo. Ces affrontements ont malheureusement fait des blessés.


La veille, c’est à Boudiéri à l’Est que des populations, excédées par les comportements de ces groupes d’auto-défense, se sont attaquées à eux. Là également, il y a eu des blessés. En début de semaine dernière, Boukary Kaboré dit le Lion du Boulkiemdé, homme politique et ancien officier supérieur de l’armée burkinabè à la retraite, a décidé de rejoindre l’Etat-major des Kolgwéogo. Il a même poussé l’affront jusqu’à dire que « si le pouvoir s’amuse à nous attaquer, on va se mater ».

Dans un débat, le professeur Albert Ouédraogo, ancien ministre, a estimé que « si les Koglwéogo font œuvre utile, il faut leur donner les moyens ». Mieux, le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a convié les représentants de ces groupes d’auto-défense à une rencontre sur la sécurité et les droits de l’Homme au Burkina Faso. Même si cela n’a pas été le cas, on a ainsi légitimé et légalisé les Koglwéogo.

Heureusement, qu’au niveau de l’Etat, on s’est enfin rendu compte de la grosse erreur ? Simon Compaoré qui, dès le début se battait et se débattait pour dire qu’on va « encadrer » les Koglwéogo, s’est enfin rendu compte qu’il faut les « recadrer très vite avant qu’ils ne se transforment en milices ». Trop tard, parce que les Koglwéogo sont déjà des milices. Il ne manque plus que les « anti-Koglwéogo » dans le puzzle pour que tous les ingrédients soient réunis pour des affrontements meurtriers. Si ce n’est pas encore le cas. En tout cas, à l’Ouest, il y a déjà des « anti-Koglwéogo ».

En effet, s’il y a quelqu’un qu’il faut directement accuser, c’est bien le pouvoir. Il ne peut en aucun cas ignorer le processus qui a conduit à la naissance des Koglwéogo sous leur forme actuelle. Puisqu’il est censé être au courant de tout ce qui se trame dans le pays. Cela peut être corroboré par son attitude vis-à-vis de ces groupes dès le départ. C’est après les élections municipales qu’il s’est rendu compte que le jeu a été mal engagé. Même l’opposition politique, à travers le chef de file de l’opposition, qui est allé à leur rencontre à Sapouy, a fait un mauvais calcul qui, malheureusement, nous rattrape tous aujourd’hui.

Que reste-t-il à faire au moment où la situation est plus que jamais compromise ? Absolument rien si ce n’est laisser les choses évoluer à leur guise en souhaitant qu’un jour, les Koglwéogo meurt de leur propre mort. Ce qui n’est pas pour demain. Car plus qu’un deal, c’est même un emploi pour certains. Notamment pour des anciens soldats valides, à la retraite ou licenciés de l’armée.

Dabaoué Audrianne KANI

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