Moussa à propos de la carte consulaire : « Nous avons senti du mépris dans l’absence de réaction des autorités burkinabè »

| 29.04.2016 à 00h00
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Moussa Zallé - Président du Collectif des Associations et Mouvements et Jeunesse Burkinabè en Côte d'Ivoire (CAMJBCI)
© DR / Autre Presse
Moussa Zallé - Président du Collectif des Associations et Mouvements et Jeunesse Burkinabè en Côte d'Ivoire (CAMJBCI)
Zallé Moussa, président du Collectif des associations et mouvements de jeunesse burkinabè en Côte d’Ivoire dresse le bilan des actions de protestation que sa structure a engagées, il y a près de deux semaines, contre la carte consulaire produite par Snedai. Pour lui, la lutte continue !


1/ Du 15 au 22 avril dernier, votre collectif a enclenché un mouvement de protestation contre les enrôlements de la carte consulaire de Snedai. Paralysant, de ce fait, le Consulat général d’Abidjan. Quel est le point de la situation, une semaine après ?

Je tiens avant tout propos à remercier Informateur.info pour cette lucarne que vous offrez à notre structure pour s’exprimer sur l’actualité brûlante de notre communauté .En toute franchise, notre combat porte des fruits et les lignes bougent en faveur de notre communauté. Nous sommes tous unanimes qu’il y a du mépris vis-à-vis de notre communauté. Comment peut-on présenter un produit si coûteux (7.000fcfa) et fournir le contraire au pétitionnaire?

2/ Que reprochez-vous exactement à l’opérateur Snedai, en charge de la confection de la carte consulaire burkinabè ?

Nous n’avons rien contre l’opérateur Snedai. Nous ne faisons que défendre nos droits en tant que consommateur d’un produit. Nous sommes Burkinabè au même titre que ceux restés au Pays. Il est inconcevable que le Groupe Snedai puisse délivrer des documents biométriques à certaines entités et lorsqu’il est question de la communauté Burkinabè, on fasse le contraire. Nous disons non à l’arbitraire, car il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.Tenez vous bien que la carte qui serait biométrique est refusée au Burkina Faso ; dans les banques tant au burkina faso qu’en Côte d’Ivoire ; certains de nos compatriotes sont refoulés et même humiliés à l’aéroport et aux frontières terrestres; la reprise de la carte égarée sous forme de duplicata est facturée à 7.000 f au lieu de 5.500f . Le comble est que la reprise des cartes dégradées qui est en principe gratuite est facturée à 7.000 FCFA par des agents de l’opérateur.

3/ On a appris qu’en milieu de semaine dernière, les autorités consulaires vous ont invité à des négociations. De quoi a-t-il été question ?

Effectivement, nous avons eu des discussions avec le chargé d’affaires de l’Ambassade Monsieur Jean Klénan OUATTARA qui nous a demandé de mettre balle à terre et que des efforts sont en train d’être faits pour régler ce problème. Mais nous avons été clairs. Nous voulons des réponses vérifiables sur le terrain et non une vue de l’esprit. Nous avons effectué une mission à l’aéroport FHB pour toucher du doigt les réalités. Croyez nous, le CAMJBCI intensifiera ce genre de sorties .Les autorités diplomatiques nous ont même demandé d’aller visiter les installations du concessionnaire ; chose que nous n’avons pas encore fait.

4/ Depuis que vous avez enclenché ce mouvement de protestation, avez-vous été approchés par les responsables de Snedai dans le cadre d’une discussion?

Non.

5/ On note également que les autorités burkinabè depuis Ouagadougou n’ont pas réagi à ces protestations. Quel commentaire ?

En toute sincérité, nous avons senti du mépris dans l’absence de réaction des autorités burkinabè . Mais Dieu merci que le porte-parole du gouvernement, le Ministre de la Communication M. Rémy Dandjinou ait abordé le sujet à une émission sur la radio Oméga FM le samedi dernier en disant et je cite : » les cartes d’identité des burkinabè en Côte d’Ivoire restent valables jusqu’aux régularisations » . Comme le dirait l’autre, c’est bon mais ce n’est pas arrivé. Nous attendons un geste fort de notre gouvernement dans le règlement dans ce problème de carte consulaire qui risque de créer d’autres tensions. Il faut que chacun soit mis devant ses responsabilités.

6/ Quel est le mot d’ordre alors en vigueur ?

Le mot d’ordre reste le même. Non à l’enrôlement jusqu’à résolution du problème. La porte de la négociation n’est cependant pas fermée car nous rencontrons ceux et celles qui le désirent.

7/ Votre collectif a-t-il le soutien des autres structures associatives ?

Oui nous avons des soutiens de taille. Le problème concerne toute la communauté. Ce n’est plus une question du CAMJBCI mais de toute la communauté qui s’est vue trahie par ses propres autorités et un opérateur privé ; et vous le constaterez vous même à chacune de nos sorties. Pour finir, nous vous rassurons que des actions d’envergure sont en préparation et vous le constaterez très bientôt.

Hugues Amari

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