Des citoyens burkinabè du Canada condamnent les attaques terroristes au Burkina Faso

| 26.01.2016 à 00h00
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Des citoyens burkinabè du Canada condamnent les attaques terroristes au Burkina Faso
© DR / Autre Presse
Des citoyens burkinabè du Canada condamnent les attaques terroristes au Burkina Faso
Notre chère patrie, le Burkina Faso, a été frappée le 15 janvier dernier par des attaques terroristes revendiquées par le groupe Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI). Ces attaques ont fait une trentaine de morts et plusieurs dizaines de blessés.


Nous, citoyens burkinabè vivant au Canada et signataires de la présente déclaration, condamnons avec fermeté et dégoût ces attaques aveugles. C'est répugnant d'avoir à expliquer ceci : mais aucune cause politique ou religieuse ne peut justifier le meurtre de citoyens ordinaires dont certains ont consacré leur vie à l'assistance de leurs semblables et au rapprochement des peuples.

Nous exprimons ici notre compassion aux proches des victimes et réaffirmons notre engagement auprès de notre peuple dans sa lutte contre les forces obscures et obscurantistes. Nous saluons particulièrement nos forces de défense et de sécurité pour leur courage et leur sacrifice au profit de notre sécurité à tous. Notre peuple a démontré à plusieurs reprises sa capacité à combattre et à vaincre ses adversaires, et il n'y a pas de doute que nous vaincrons cette fois aussi.

Nous apportons notre soutien aux institutions du Faso issues des élections libres et démocratiques organisées à la suite de l'insurrection des 30 et 31 octobre 2014. C'est dans l'union que nous vaincrons ces malfaiteurs.

Aux autorités du pays, nous lançons un appel à accélérer la mise en place d'unités spéciales pour lutter efficacement contre les forces de déstabilisations de notre pays. Nous devons aussi être conscients que c'est à nous et nous seuls Burkinabè qu'incombe le devoir de défendre notre patrie. Il n'y a aucune technique de combat que nous ne puissions apprendre en 50 ans d'indépendance pour que nous ayons besoin de nous appuyer sur des forces extérieures. Il ne faut donc pas, par myopie, céder à la tentation de renoncement à notre souveraineté, car le prix à payer serait plus élevé. Il ne faut surtout pas que ces attaques terroristes nous fassent perdre de vue que les intérêts de notre peuple sont multidimensionnels. C'est en forgeant qu'on devient forgeron; c'est en se défendant soi-même qu'on devient expert en la matière!

Nous devons aussi être conscients qu'il ne s'agit pas d'un combat aveugle, arme contre arme, mais plutôt d'une guerre de renseignements que nous pourrions gagner en nous appuyant sur la structure sociale communautaire, les normes morales et les valeurs culturelles de notre peuple. Il faut qu'il n'y ait aucun hameau dans notre chère patrie où les forces du mal peuvent se cacher. Les Burkinabè sont prêts à s'engager dans ce combat, mais ceci demande de la technique et de l'organisation. Nous incitons donc nos autorités à plus de rigueur dans l'organisation et la structuration de ce combat contre la terreur et les forces rétrogrades.

Même si ces événements (attaques à nos frontières et à Ouagadougou) suscitent la tentation d’indexer un groupe en particulier, dont seraient originaires ces malfaiteurs, nous qui vivons à l'étranger et qui faisons parfois face à la stigmatisation collective, sommes conscients plus que quiconque de la nécessité de préserver notre humanité et notre hospitalité, meilleurs remèdes contre ceux dont la stratégie est de gagner par le chaos et la division.

Nous devons aussi éviter le piège du sacrifice de nos libertés collectives au nom d'un combat qui peut se mener avec succès dans un État de droit plein.

Nous condamnons également l'attaque du dépôt d'armes de Yimdi et les incendies suspects de marchés, vraisemblablement menés par des nostalgiques de l'ère Compaoré, rêvant de vengeance. Si nous les avons défaits pendant qu'ils étaient au pouvoir, il n'y a pas de doute qu'ils seront défaits à nouveau. Au peuple burkinabè, nous lançons un appel à la vigilance, la discipline et la rigueur dans ce combat dont nous sortirons certainement victorieux.

Vive le Burkina Faso,
Nan an laara an sara,
La patrie ou la mort, nous vaincrons!

Le 26 janvier 2016

Les signataires (40)

Téguewindé Sawadogo; Christine Paré; Olivier Badolo; Alexis Sanou; Mahamadi Savadogo; Aziz Daboné; Alidou Ouédraogo; Edmond Ziba; Zoumana Coulibaly; Serge Bationo; Denis Ouédraogo;
Fimba Tankoano; Singapinda Zagré; Moussa Sinon; Alimata Diallo; Ada Nayihouba; Arrasoumane Stéphane Saba; Christophe Gamsonré; Tankian Coulibaly; Ézéchiel Sanou; Yvan Sawadogo; Timothée Millogo; Issouf Kafando; Aboubakar Keita; Brice Nikiema; Béatrice Nikiéma; Moustapha Gnoumou; Abdoulaye Derra; H. Omar Drabo; Luc Keita; Bouraima Savadogo; Kevin Ky; Drissa Traoré; Hamidou Savadogo; Roger D. Nabalma; Anita Zan; Moussa Ouédraogo; Youmani Lankoandé; Binta Sinon, Hamado Zoungrana.

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