Artistes musiciens burkinabè: le SYNAMUB accuse l’institution de tutelle de clochardiser les artistes

| 23.10.2016 à 00h00
Réagir
Artistes musiciens burkinabè: le SYNAMUB accuse l’institution de tutelle de clochardiser les artistes
© DR / Autre Presse
Artistes musiciens burkinabè: le SYNAMUB accuse l’institution de tutelle de clochardiser les artistes
Le Syndicat national des artistes musiciens (SYNAMUB) a animé une conférence de presse le vendredi 21 octobre pour prendre l’opinion publique à témoin de la situation des artistes musiciens du Burkina. A cette occasion, il a accusé l’institution de tutelle de clochardiser les artistes.


«Il n’y a pas de transparence au niveau des fonds alloués aux artistes. Les mêmes artistes perçoivent chaque année un soutien au détriment des autres», a déclaré le secrétaire général du SYNAMUB, Abdoul Kader Ouattara alias Almamy KJ. S’exprimant lors d’une conférence de presse, Almamy KJ a ajouté qu’’il n’y a pas non plus de transparence en ce qui concerne la sélection aux prestations étatiques. «Ce sont les mêmes artistes qui prestent successivement au FESPACO, SIAO, SNC...», a-t-il dénoncé. Pour lui, il existe une sorte de «mafia» qui s’est organisée autour de ces activités au point que pour arriver à prester, il faut appartenir à cette «mafia ou faire le garibou aux big-boss».

Dans cette même dynamique, Almamy KJ a accusé leur institution de tutelle de clochardiser les artistes. «Au Burkina, les artistes sont obligés d’aller s’aligner comme des écoliers pour prendre leur dû. A 4h du matin tu pars prendre un ticket et ce n’est pas sûr qu’à 17h tu vas avoir ton argent. Il faut repartir le lendemain ou deux jours après avant d’espérer avoir quelque chose», a martelé le SG du SYNAMUB.

Face à cette situation, le SYNAMUB a exigé la prise en compte de sa plateforme revendicative qui se résume en plusieurs points. Il s’agit de permettre à tous les artistes musiciens de choisir librement leur mode de payement, soit par banque, soit par billetage et de doter ceux qui ont une carte de membre, qui ont cinq ans d’ancienneté, deux albums à leur actif et dont le dernier album ne date pas de plus de deux ans, d’un salaire de base.

Les reports dans le payement des droits des artistes «sous prétexte d’un manque de fonds» a été aussi souligné dans la plateforme revendicative. A ce sujet, le SYNAMUB a exigé l’arrêt des détournements des droits des artistes car pour tout ce qui relève des questions de santé et des frais de scolarité, les bailleurs ne connaissent pas de report. Concernant les podiums étatiques, le syndicat des artistes musiciens burkinabè réclame la somme de 200 000 F CFA pour le play-back et 500 000 pour le live.

Enfin, il demande la transparence dans la sélection des artistes aux différentes manifestations organisées par l’Etat et dans la gestion des fonds alloués aux artistes par l’Etat.

Si d’ici là rien n’est fait, le SYNAMUB, par la voie de son SG, a prévenu qu’il va se faire entendre autrement.«Nous n’allons pas continuer à vivre dans cette clochardisation sans précédent, dans cette misère noire», a averti Almamy KJ.

Madina Belemviré

Commentaires

À lire aussi

En Continu

Publicité

La Newsletter

S'abonner gratuitement !
captcha 
Publicité
Publicité